À partir de quand parle-t-on de fausses couches à répétition ?
On parle généralement de fausses couches répétées après trois pertes de grossesse consécutives survenues avant 14 semaines d’aménorrhée. Toutefois, certains spécialistes proposent un bilan dès deux fausses couches successives, en particulier si la femme a plus de 35 ans ou présente des facteurs de risque connus.
Les causes de fausses couches à répétition sont multiples. Dans certains cas, aucune anomalie n’est retrouvée malgré un bilan complet. Il est important de rappeler qu’une fausse couche isolée est fréquente et concerne environ 10 à 15 % des grossesses. La répétition, en revanche, justifie une exploration spécifique.
Le premier temps du bilan : l’échange médical
Avant même de prescrire des examens, le médecin commence par un entretien détaillé. Cet échange constitue une étape essentielle du bilan de fausses couches.
Il porte notamment sur :
- L’historique des grossesses (terme des fausses couches, circonstances, résultats d’analyses éventuelles)
- Les antécédents médicaux et chirurgicaux
- Les cycles menstruels
- Les maladies chroniques (thyroïdiennes, diabète, troubles auto-immuns)
- Les traitements en cours
- Les antécédents familiaux
- L’hygiène de vie (tabac, alcool, exposition professionnelle)
Un examen clinique complet est également réalisé. Ce premier temps permet d’orienter les examens après fausses couches vers les pistes les plus pertinentes.
Fausses couches à répétition : quels examens ?
Le bilan comprend généralement plusieurs volets.
1. Les examens anatomiques
Une anomalie de l’utérus peut empêcher le bon développement de la grossesse. Les examens les plus fréquents sont :
- L’échographie pelvienne
- L’hystérosonographie
- L’hystéroscopie
- L’IRM pelvienne dans certains cas
Ils permettent de rechercher une malformation utérine (utérus cloisonné), des fibromes, des polypes ou des synéchies.
2. Les examens hormonaux
Un déséquilibre hormonal peut perturber l’implantation ou le maintien de la grossesse. Le médecin peut prescrire :
- Un dosage de la TSH pour évaluer la fonction thyroïdienne
- Un bilan du diabète
- Une évaluation de la réserve ovarienne
- Un dosage de la progestérone en phase lutéale
Ces examens permettent d’identifier un trouble endocrinien corrigeable.
3. Les examens génétiques
Dans certains cas, une anomalie chromosomique chez l’un des parents peut être en cause. Un caryotype sanguin est alors proposé aux deux membres du couple.
Il peut révéler une translocation équilibrée, généralement sans conséquence pour le parent porteur, mais pouvant entraîner des anomalies embryonnaires responsables de fausses couches à répétition.
4. Les examens immunologiques et de coagulation
Le syndrome des antiphospholipides est une cause reconnue de pertes de grossesse répétées. Des analyses sanguines spécifiques recherchent :
- Les anticorps antiphospholipides
- Les anticoagulants circulants
- Les anticorps anticardiolipine
Un bilan de thrombophilie peut également être réalisé selon le contexte. Ces causes de fausses couches à répétition nécessitent une prise en charge adaptée, souvent basée sur un traitement anticoagulant pendant la grossesse.
Faut-il aussi explorer le côté masculin ?
Longtemps centré sur la femme, le bilan fausses couches inclut aujourd’hui de plus en plus le partenaire masculin.
Un spermogramme peut être proposé afin d’évaluer la qualité du sperme (concentration, mobilité, morphologie) mais notamment la fragmentation de l’ADN spermatique peut être réalisée.
Des anomalies génétiques masculines peuvent également exister, un caryotype est donc également prescrit chez l’homme.
En conclusion
Face à des fausses couches répétées, un bilan structuré et progressif permet d’identifier une cause dans une partie des cas. Les examens après fausses couches couvrent les aspects anatomiques, hormonaux, génétiques et immunologiques, et peuvent également inclure le partenaire masculin.
Même si aucune anomalie n’est retrouvée, un accompagnement médical personnalisé améliore souvent le pronostic lors d’une grossesse ultérieure. L’essentiel est de ne pas rester seuls face aux interrogations et de consulter un professionnel de santé pour bénéficier d’un bilan fausses couches adapté à votre situation.