À partir de quand parle-t-on d’infertilité ?
On parle d’infertilité lorsqu’un couple n’obtient pas de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers (2 à 3 fois par semaine) sans contraception. Ce délai est réduit à 6 mois lorsque la femme a plus de 35 ans, car la fertilité féminine diminue naturellement avec l’âge.
L’infertilité peut être primaire (aucune grossesse antérieure) ou secondaire (difficulté à concevoir après une première grossesse). Elle peut être liée à un facteur féminin, masculin, mixte ou parfois inexpliqué.
Environ un tiers des cas concernent principalement la femme, un tiers l’homme, et un tiers résultent d’une combinaison des deux ou restent sans cause clairement identifiée.
Quelles sont les principales différences entre le bilan féminin et masculin ?
Le bilan d’infertilité diffère nettement entre la femme et l’homme, notamment en raison de la complexité du cycle reproductif féminin. Le système reproducteur féminin implique l’ovulation, les trompes, l’utérus et l’équilibre hormonal, tandis que chez l’homme, la fertilité repose principalement sur la production et la qualité des spermatozoïdes.
Le bilan d’infertilité féminin est souvent plus long et comprend plusieurs examens hormonaux et d’imagerie réalisés à des moments précis du cycle. À l’inverse, le bilan d’infertilité homme repose principalement sur un examen clé : le spermogramme, complété si nécessaire par d’autres analyses.
Bilan d’infertilité chez la femme
Le bilan d’infertilité femme débute par un entretien médical détaillé : régularité des cycles, douleurs pelviennes, antécédents gynécologiques, infections, interventions chirurgicales ou fausses couches. L’âge et le mode de vie sont également pris en compte.
Parmi les principaux examens féminins :
- Le bilan hormonal : réalisé par prise de sang à différents moments du cycle (FSH, LH, estradiol, progestérone, AMH, prolactine, TSH). Il permet d’évaluer la réserve ovarienne et la qualité de l’ovulation
- L’échographie pelvienne : elle examine les ovaires et l’utérus, recherche des kystes, des fibromes ou des signes de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
- L’évaluation des trompes : échographie ou radiographie des trompes et de l’utérus après injection d’un produit de contraste, afin de vérifier la perméabilité tubaire
- L’hystéroscopie (dans certains cas) : visualisation directe de la cavité utérine
Ce bilan vise à identifier des troubles de l’ovulation, une insuffisance ovarienne, une obstruction des trompes ou une anomalie utérine. Il peut s’étendre sur plusieurs cycles menstruels.
Bilan d’infertilité chez l’homme
Le bilan d’infertilité homme est généralement plus rapide à mettre en place. Il commence également par un interrogatoire médical : antécédents d’infections génitales, traumatismes testiculaires, chirurgie, exposition à la chaleur ou à des toxiques, troubles de l’érection ou de l’éjaculation.
L’examen central est :
- Le spermogramme : il analyse le volume du sperme, la concentration en spermatozoïdes, leur mobilité et leur morphologie. Il doit être réalisé après 2 à 5 jours d’abstinence. En cas d’anomalie, un second test est souvent demandé pour confirmation
Selon les résultats, d’autres examens peuvent être prescrits :
- bilan hormonal (testostérone, FSH, LH)
- échographie testiculaire
- examens génétiques dans certaines situations
Et après le bilan : quelles suites possibles ?
Une fois le bilan d’infertilité réalisé pour les deux partenaires, le médecin propose une prise en charge adaptée à la situation du couple.
Plusieurs options peuvent être envisagées :
- Traitement médical : stimulation ovarienne en cas de troubles de l’ovulation, traitement hormonal chez l’homme si un déséquilibre est identifié
- Chirurgie : correction d’une obstruction tubaire, retrait de fibromes ou traitement d’une varicocèle chez l’homme
- Assistance médicale à la procréation (AMP) : insémination intra-utérine (IIU), fécondation in vitro (FIV), ou ICSI en cas d’anomalies spermatiques importantes
Dans certains cas, aucune cause précise n’est retrouvée. On parle alors d’infertilité inexpliquée, mais des solutions existent malgré tout.
Le bilan d’infertilité féminin et le bilan d’infertilité masculin sont indissociables. Même si leurs modalités diffèrent, ils poursuivent un objectif commun : comprendre l’origine des difficultés et permettre au couple d’accéder à une prise en charge personnalisée. Une évaluation précoce augmente les chances de succès et permet d’éviter une attente prolongée et anxiogène.