Peut-on éviter une fausse couche ?
Il n’existe aucune méthode permettant de supprimer totalement le risque de fausse couche. Celui-ci dépend notamment de l’âge maternel, des caractéristiques génétiques de l’embryon et, plus rarement, de certaines maladies ou anomalies utérines.
Le risque augmente nettement avec l’âge, passant d’environ 12 % à 25 ans à 50 % à 42 ans. Cette progression s’explique principalement par l’augmentation de la fréquence des anomalies chromosomiques embryonnaires.
Certaines causes de fausse couche peuvent néanmoins être identifiées et prises en charge : diabète ou maladie thyroïdienne mal équilibrés, syndrome des antiphospholipides, certaines anomalies de l’utérus, consommation de tabac ou d’alcool, obésité ou prise de médicaments inadaptés à la grossesse. Une consultation préconceptionnelle et un suivi de grossesse précoce sont donc particulièrement utiles en présence d’antécédents médicaux ou obstétricaux.
En revanche, le stress habituel, le travail, l’exercice physique et les rapports sexuels ne sont pas considérés comme des causes de fausse couche. Se culpabiliser après une perte de grossesse n’est donc pas justifié.
Quels conseils adopter pour favoriser une grossesse en bonne santé ?
Les mesures d’hygiène de vie ne garantissent pas la prévention d’une fausse couche, mais elles permettent de limiter certains facteurs de risque modifiables et de favoriser une grossesse en bonne santé.
Avoir une alimentation équilibrée
Une alimentation variée doit privilégier les légumes, les fruits, les protéines, les féculents complets et les sources de calcium. Il est recommandé d’éviter totalement l’alcool pendant la grossesse, d’arrêter le tabac et les drogues et de limiter la consommation de caféine.
Atteindre, si possible avant la conception, un poids adapté est également bénéfique. Le surpoids important, l’obésité et l’insuffisance pondérale sont en effet associés à davantage de complications obstétricales.
Les règles de prévention des infections alimentaires doivent aussi être respectées : lavage soigneux des fruits et légumes, cuisson suffisante des viandes et éviction des produits présentant un risque de listériose ou de toxoplasmose selon le statut immunitaire de la patiente.
Prendre de l’acide folique
La supplémentation en acide folique, généralement à la dose de 400 microgrammes par jour, est recommandée dès le projet de grossesse, idéalement au moins un mois avant la conception, puis pendant le premier trimestre.
L’acide folique prévient principalement certaines malformations du cerveau et de la moelle épinière du fœtus. Il ne constitue pas, à lui seul, un traitement destiné à éviter une fausse couche. Une dose plus élevée peut être prescrite dans certaines situations à risque, uniquement sur avis médical.
Maintenir une activité physique adaptée
En l’absence de contre-indication, marcher, nager, pratiquer le vélo d’appartement ou une activité physique douce est bénéfique. Une activité physique régulière et adaptée n’augmente pas le risque de fausse couche lorsque la grossesse évolue normalement.
Les sports exposant aux chutes, aux chocs abdominaux, à la plongée sous-marine ou à des efforts extrêmes doivent en revanche être évités ou discutés avec le professionnel assurant le suivi.
Limiter le stress et favoriser un bon sommeil
Le stress courant n’est pas responsable d’une fausse couche. Néanmoins, préserver son sommeil, réduire les sources de tension, accepter de se faire aider et consulter en cas d’anxiété importante améliorent le bien-être général.
Ces mesures ne doivent pas être présentées comme une garantie de prévention, mais comme un soutien utile pour traverser plus sereinement la grossesse.
Une fausse couche augmente-t-elle le risque d’en avoir une autre ?
Après une fausse couche isolée, la grossesse suivante évolue normalement dans la grande majorité des cas. Le risque de récidive augmente progressivement avec le nombre de pertes antérieures et avec l’âge, mais une nouvelle fausse couche n’est jamais inévitable.
En cas de fausses couches répétées, un bilan spécialisé peut rechercher une cause anatomique, hormonale, génétique, immunologique ou métabolique. Selon l’histoire médicale, ce bilan peut être proposé dès deux pertes de grossesse. Le traitement dépend alors de la cause identifiée : équilibre d’une maladie chronique, traitement d’un syndrome des antiphospholipides, correction de certaines anomalies utérines ou recherche d’une cause génétique.
Enfin, il est nécessaire de consulter rapidement en cas de saignements abondants, de douleurs importantes, de malaise, de fièvre ou de douleur localisée d’un seul côté. Un suivi médical personnalisé reste la meilleure manière d’évaluer chaque situation, sans laisser croire qu’il est toujours possible de prévenir une fausse couche.